Être parent: entre accompagnement et autorité

Être parent: entre accompagnement et autorité

Je m’intéresse, dans cette chronique, à la relation très particulière entre un parent et son enfant. J’affectionne spécifiquement ce thème puisque qu’il n’y a plus de preuve à faire pour démontrer la grande influence, bonne ou mauvaise, qu’ont les parents sur leurs enfants qui deviendront à leur tour des adultes et éventuellement des parents. C’est ainsi que la transmission intergénérationnelle des problèmes peut s’opérer à moins que des prises de conscience apportent des changements de comportements de la part des parents. Et parfois, ce sont des petites conscientisations sans grandes révolutions qui produisent un changement bénéfique pour l’évolution de l’enfant.
Dans l’examen de cette question, j’émets certaines lignes directrices qui doivent s’adapter à chaque parent, à chaque contexte éducatif et à chaque réalité familiale. L’idée est d’offrir son temps à l’enfant en y trouvant du plaisir et non pas de le faire simplement par devoir. Aussi, précisons que l’objectif parental n’est pas d’être parfait. La perfection, lorsqu’elle est recherchée, n’est qu’une défense employée par le parent. Cette défense est exclusivement au service du narcissisme parental plutôt que dirigée à construire son enfant. Au lieu de viser la perfection, il faut chercher à être suffisamment bon, ni plus ni moins. Cela introduit la possibilité pour le parent de s’amender, de se questionner sur ses pratiques parentales avec confiance et ouverture.
Je parlais de relation particulière entre un parent et son enfant en ce sens que peu d’autres contextes relationnels amènent autant le parent à incarner les deux positions d’apparence opposées nécessaires à la relation. D’égale importance entre elles, on trouve d’abord la fonction de guide qui permet de se montrer accessible et stimulant pour l’enfant. Ensuite, la fonction d’autorité qui encadre les comportements de l’enfant et qui a pour effet de lui indiquer les limites tout en lui prodiguant un effet rassurant.
Concrètement, guider un enfant c’est, entre entre autres choses, de prendre le temps d’entrer en contact avec lui, de le regarder dans les yeux, d’être attentif à son langage corporel. C’est de traduire en mots ce qui le touche positivement ou négativement (ex. lui dire: « Tu n’aimes pas que je te fasse des blagues. C’est correct, je vais faire attention »). L’aider à découvrir ses intérêts en lui permettant d’expérimenter (ex. bricoler, observer les diverses formes et consistances de la neige, jouer à un sport avec lui). Le soutenir et l’encourager à se dépasser. Par ailleurs, être la figure d’autorité c’est limiter et sanctionner au besoin son enfant avec fermeté et douceur.
Je pense qu’il faut un savant mélange de ces deux composantes pour produire un résultat bénéfique et unique: un enfant avec une force de personnalité qui peut s’exprimer par des rires, des projets, de la créativité mais aussi une autonomie, une persévérance et une capacité à respecter les autres.