Le grand voyage d’une croix de Rivière-à-Pierre à Gaspé

Photo de Gaétan Genois
Par Gaétan Genois
Le grand voyage d’une croix de Rivière-à-Pierre à Gaspé
Réplique de la Croix de Gaspé à Rivière-à-Pierre. (Photo :  Patrimoine du Québec)

Elle mesure 32 pieds, et elle pèse plus de 42 tonnes. C’est la réplique de la Croix de Gaspé, érigée en 1934, afin de commémorer l’arrivée de Jacques Cartier dans ce qu’est devenu le Canada. Cet immense monolithe a été taillée dans Portneuf, à même le granite des carrières de Rivière-à-Pierre.

Le bloc de roche magmatique duquel a été extrait le monument provient de la carrière Auguste Dumas et cie. Elle a été dévoilée le 25 août 1934, en l’honneur du 400e anniversaire de l’arrivée du célèbre explorateur à Gaspé et de sa prise de possession du territoire au nom du roi de France, François 1er.

Transporter la croix de Rivière-à-Pierre à Gaspé n’a pas une mince affaire. Chargée sur deux wagons, c’est par chemin de fer que cette cargaison colossale a fait le trajet de sa montagne d’origine jusqu’au port de Québec, d’où elle a été embarquée à bord d’un caboteur qui l’a amenée jusqu’au quai de Gaspé. De là, elle a été tirée sur des rouleaux à l’aide de palans. L’un des premiers tracteurs utilisé à Gaspé a fourni la force nécessaire à son remorquage.

Son coût a été de 6 935 $. Depuis 2012, elle est située sur le site historique près du pont de Gaspé.

Fierté et déception

Ceux et celles qui ont fait le voyage de Rivière-à-Pierre jusqu’à Gaspé afin d’admirer l’ouvrage qui venait de chez eux ont ressenti une émotion douce-amère en arrivant sur la rue de la Reine, là où la croix a d’abord été installée.

Le sentiment de fierté était immense, ça va de soi. Mais il s’accompagnait tout de même d’une petite déception, celle de n’y retrouver aucune mention de son village d’origine.

Afin de remédier à cet état de fait, Rivière-à-Pierre a construit sa propre Croix de Gaspé, une réplique faisant la moitié de la taille du monument original.

L’érection de cette réplique a été l’occasion de grandes réjouissances, en 1934, dans le village et a même été soulignée par une reconstitution théâtrale de l’arrivée de Jacques Cartier dans la future Gaspésie.

Fait cocasse

Un fait pour le moins cocasse s’est produit, lors de cette cérémonie officielle. La journée était particulièrement humide. Un feu d’artifice avait été mis en place, mais au moment prévu pour son coup d’envoi, le haut degré d’hygrométrie empêcha les pièces pyrotechniques d’exploser et d’illuminer le ciel. Qu’importe, la cérémonie s’est poursuivie et, à tour de rôle, les dignitaires se sont adressés à la foule pour dire leur mot. De réputation, le curé Philippe Chénard n’éprouvait aucun problème à s’adresser à ses ouailles du haut de sa chair. Mais hors de l’enceinte de son église, il éprouvait quelques difficultés à s’exprimer en public. Le voilà donc en pleine allocution lorsque les feux se sont déclenchés sans que personne ne puisse intervenir. Les gens rassemblés devant lui passèrent un bon moment à se tordre de rire. 

Note aux lecteurs : les faits historiques exposés dans ce texte sont tirés du livre Clin d’oeil sur Rivière-à-Pierre d’hier à aujourd’hui.

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EDDY ET JEANNETTE TURCOTTE
EDDY ET JEANNETTE TURCOTTE
4 mois

TRES HEUREUSE DE VOIR EN PIERRE NOTRE CROIX VENANT DE CHEZ-NOUS A RIVIÈRE-A-PIERRE COMTÉ DE PORTNEUF.
NOUS EN SOMMES TRÈS FIERS.