Femme qui court n’a pas la frousse

Le Courrier de mon coeur, par Marie-Hélène L. Papillon
Femme qui court n’a pas la frousse

J’adore jogger. C’est venu tard. Effrayée par les malheurs qui frappent les sédentaires, j’ai eu peur de m’enraciner au bureau et qu’un jour mes hanches se fracturent sous le poids des hivers. Mi-trentaine, j’ai décidé de bouger.

D’abord en marchant. Puis en dansant (le tango) et en courant. Tout ça un peu à reculons au début (enfin : en tango je recule toujours mais de bonne grâce), puis avec un enthousiasme qui m’étonne encore : mon corps a découvert le bonheur de bouger, et mon cerveau, celui d’être oxygéné !

J’ai surtout découvert la puissance des sourires et des encouragements (le salut affable des promeneurs, le fou rire des danseurs se marchant sur les pieds, l’électrisante solidarité des gens qui fréquentent les courses chronométrées), ainsi que la convivialité qui émerge au milieu d’individus qui souvent n’ont rien d’autre en commun que d’être contents d’être là, en mouvement, avec d’autres. Âge, origines et classes sociales s’effacent alors et apparaît l’essentiel, cet esprit qui unit nos coeurs sur pattes. Il en émane une paix habile à chasser toute peur pouvant traîner dans les parages. On a tout à coup confiance, en soi et en les autres.

Ces moments d’humanité, je craignais devoir m’en passer dans Portneuf, me disant que sur un territoire si grand et si peu peuplé (il y a deux fois moins d’habitants dans toute notre MRC que dans le seul quartier montréalais du Plateau-Mont-Royal !), les gens devaient ne circuler qu’en auto et être trop peu nombreux pour qu’on puisse organiser des événements viables.

Côté course, j’avais tout faux ! Avant la pandémie, j’ai assisté à la Course du vieux moulin de Grondines (un décor de carte postale !). Début juin, j’ai participé à la Course du maire de Donnacona. Et depuis, j’ai ressorti le projet d’explorer les autres : Duchesnay, Pont-Rouge, Saint-Raymond… (tourisme.portneuf.com/evenements).

À Donnacona, on proposait des parcours de 21,1 km, 10 km, 5 km et 5 km marche (le 1 km est pour les enfants : ils étaient à croquer, allez voir les photos sur Facebook !). Et la magie a opéré… En quelques heures, j’ai croisé de jeunes familles (un festival de poussettes !), de plus vieilles (l’ado au 21,1 km, la cadette et le père au 5 km, la mère qui s’époumone à encourager), le maire (évidemment !), des coureurs de calibre, des marcheurs débutants, un gaillard de 19 ans à sa première course (« C’est ma mère qui m’a inscrit »), et mon idole cap-santéenne, Gilles Lacasse, 76 ans, de retour du marathon de Boston !

Mon ostéopathe qualifie la course de sport démocratique, parce qu’elle est accessible, mais aussi parce qu’elle permet à des coureurs de tous les niveaux de se côtoyer, égaux dans la sueur et la fierté de se dépasser. Gâtez-vous pendant qu’aucun virus ne nous confine, allez voir ça : vous m’en donnerez des nouvelles.

Et le tango ? J’étais à deux doigts d’en organiser quand la vie nous a distancés de 2 m… Mais je n’ai pas dit mon dernier mot : je vous en donne des nouvelles.
Marie-Hélène L. Papillon
courrierdemoncoeur@gmail.com

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Daniel Piché
Daniel Piché
1 mois

T’as parfaitement raison, bouger ne fait pas mourir mais vivre en meilleur santé! Même à 76 ans, c’est le meilleur choix.