La CAPSA dresse un inventaire des chemins forestiers vétustes 

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Par Stéphane Pelletier
La CAPSA dresse un inventaire des chemins forestiers vétustes 
Les travaux d'inventaire en terre publique ont couvert une partie de la Réserve faunique de Portneuf et une partie de la Zec Batiscan-Neilson et de la Zec de la Rivière-Blanche. (Photo : - Offerte par la CAPSA)

À l’été 2022, l’organisme de bassin versant de la rivière Sainte-Anne, la CAPSA, a sillonné le réseau routier d’une partie du territoire forestier public de la région. L’objectif était de dresser l’inventaire des chemins forestiers vétustes et de leur impact environnemental sur les milieux aquatiques sensibles.

L’équipe de la CAPSA a parcouru une partie du territoire de la Réserve faunique de Portneuf ainsi que des Zecs Batiscan-Neilson et de la Rivière-Blanche. Ces chemins, situés sur les terres du domaine de l’État, sont des routes généralement construites par les industries forestières pour leur permettre d’accéder à la ressource. Par la suite, ils peuvent être entretenus ou abandonnés par les gestionnaires du territoire. En 2019, un premier inventaire sommaire révélait que de nombreux chemins étaient désuets, présentaient des traverses de cours d’eau non conformes ou s’étaient carrément refermés naturellement.

Chemins refermés

L’exercice de caractérisation entamé par l’organisme en 2022 a permis d’inventorier 137 traverses de cours d’eau de type ponceau, trois ponts, et 19 traverses à gué sur une soixantaine de kilomètres carrés. Ce recensement a notamment révélé que 70 % des chemins cartographiés étaient soit refermés ou principalement utilisés par des VTT donc, non carrossables en camionnette ou en voiture. Des problématiques prioritaires ont aussi été ciblées, telles que les traverses de cours d’eau à entretenir ou à remplacer ainsi que les portions de chemins qui devaient subir des interventions.

Probématiques

Un nombre élevé de chemins combiné au manque d’entretien peut avoir des impacts environnementaux importants pour les écosystèmes aquatiques. Un réseau routier déployé densément participe entre autres à fragmenter les habitats fauniques. Ainsi, 29 % des traverses ont été estimées sous-dimensionnées ou dans un état critique. De plus, dans près de 26 % des cas, elles représentaient des obstacles à la libre circulation du poisson. Enfin, il est démontré que les chemins forestiers et la construction de ponceaux nuisent aux habitats aquatiques, dont celui de l’omble de fontaine, en augmentant significativement les apports de sédiments dans les cours d’eau.

Les problématiques telles que la déformation, l’affaissement, la corrosion, la pourriture et l’obstruction sont identifiées. « Si un industriel forestier doit réemprunter le chemin, il sera déjà au courant qu’il y a une traverse problématique et qu’il faudra la remplacer ou faire un entretien », explique la responsable de projet, Marie Moulin. Elle souligne également l’intérêt des Zecs pour identifier des points problématiques à la circulation des truites ou des ombles de fontaine. « Surtout si c’est proche de lacs où il y a déjà des poissons d’intérêt pour la pêche. C’est important pour les Zecs qu’ils continuent à aller frayer dans ces lacs », ajoute-t-elle.   

Échantillon réduit

Sur les 2 987 kilomètres carrés que représente l’unité d’aménagement de Portneuf, seulement une aire soixantaine de kilomètres de a été inventoriée jusqu’ici. Les résultats ne sont donc pas représentatifs de l’ensemble du territoire pour l’instant et concernent qu’un échantillon réduit. Selon le financement, le projet pourrait se poursuivre à l’été.

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Pierre Denis
Pierre Denis
10 mois

Le plus triste là dedans, c’est de voir à quel point l’échantillon est petit. On peut à peine imaginer la réalité qui se cache derrière ça. Juste à ouvrir Google Earth et zoomer sur certaines zones fait peur à voir.