Le chef du Bloc a l’oeil sur Québec et Portneuf-Jacques-Cartier

Photo de Benoit Laganière
Par Benoit Laganière
Le chef du Bloc a l’oeil sur Québec et Portneuf-Jacques-Cartier
La députée bloquiste Julie Vignola, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet et le nouveau président de l'association de comté Christian Hébert. Photo - Benoit Laganière

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a «l’œil sur Québec» et compte ravir Portneuf-Jacques-Cartier à la prochaine élection. Ce pourrait être avec l’aide de Christian Hébert, le nouveau président de l’Association locale qui envisage d’être candidat après une escapade dans Louis-Hébert à la dernière élection.

«Le comté a longtemps fréquenté une autre formation politique qui n’est pas en position de lui offrir des gains et progrès. [Il] sera une prochaine circonscription du Bloc québécois», a clamé M. Blanchet devant une quarantaine de partisans réunis en assemblée générale le 3 février à Deschambault-Grondines.

La remontée qui a fait passer de 10 à 32 le nombre de députés du Bloc québécois le 21 octobre s’est aussi fait sentir dans Portneuf-Jacques-Cartier. Le parti représenté par Mathieu Bonsaint a plus que doublé ses appuis, avec 15 707 voix, a grugé le vote conservateur et terminé 2e. Dans la région de Québec, le Bloc a aussi enlevé deux circonscriptions aux conservateurs.

M. Bonsaint, qui était aussi président de l’association bloquiste dans Portneuf depuis huit ans, a annoncé qu’il ne se représentera pas et a aussi cédé sa place à la tête de l’association.

Le pomiculteur et fabricant de cidre de Deschambault, Christian Hébert, lui succède; il a été élu sans opposition. Il envisage également de reprendre le flambeau à la prochaine élection fédérale. Candidat du Bloc dans Louis-Hébert l’an dernier, il est arrivé 2e derrière le député libéral sortant Joël Lightbound. Il avait également été défait dans Portneuf à l’élection provinciale de 2018 alors qu’il avait porté les couleurs du Parti québécois.

Aluminium et gestion de l’offre

Le chef du Bloc québécois a entretenu les militants sur des sujets de l’heure: les enjeux découlant du nouvel accord Canada–États-Unis-Mexique (ACÉUM). Cet ALENA 2.0 menace l’industrie agricole et de l’aluminium dans Portneuf, affirme Yves-François Blanchet.

«Le Canada a arraché un accord en renonçant aux protections obtenues dans le passé et qui menacent les investissements de 6,24 milliards dans le secteur de l’aluminium au Québec et pour Portneuf qui emploie 600 travailleurs dans une usine performante au point de vue environnemental», a-t-il déclaré. «S’il n’y a pas davantage pour la protection de l’industrie de l’aluminium au Québec, on va avoir le courage de ne pas voter pour cet accord», a pesé M. Blanchet.

Le processus de ratification de l’accord par Ottawa a commencé à la fin janvier. Le Bloc a voté contre le dépôt. Le parti veut que l’aluminium bénéficie des mêmes protections que celles accordées à l’acier. L’ACÉUM exige que 70% de l’acier et de l’aluminium entrant dans la fabrication des automobiles proviennent de l’Amérique du Nord. Or, l’accord précise que pour être reconnu, l’acier doit être coulé et fondu dans l’un des trois pays signataires, une précision qui n’est pas faite pour l’aluminium.

Il a expliqué que lors de la signature de l’accord de libre-échange, en 1987, le Québec produisait plus d’aluminium que la Chine. «Maintenant, la Chine produit 15 fois plus que le Québec et pourrait passer par le Mexique pour approvisionner les États-Unis, avec de l’aluminium produit par de l’électricité produite avec du charbon, la pire forme des énergies fossiles au point de vue environnemental», a dénoncé M. Blanchet. «Quatre-vingt-dix pour cent de l’aluminium produit au Canada provient du Québec tandis que plus de 50% est fabriqué au Québec. Pourquoi faut-il que ce soit toujours le Québec qui paie le bill?», a-t-il demandé.

Le Bloc québécois va aussi déposer un projet de loi afin de protéger les producteurs de lait, d’œufs, et de volaille et obtenir des compensations financières sans condition pour «le comté qui est profondément lié la gestion de l’offre», a déclaré le chef du Bloc. «Il en va de la vitalité de nos régions», a martelé M. Blanchet dans les locaux de la Fromagerie des Grondines. L’entreprise doit composer avec une hausse de 30% du volume de fromages fins étrangers, production dont la fabrication est subventionnée jusqu’à 85%.

Le comité du Bloc de Portneuf-Jacques-Cartier en compagnie du chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet et de la députée Julie Vignola. Photo – Benoit Laganière
Partager cet article

Leave a Reply

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des