Matte s’attire les foudres de ses adversaires

Matte s’attire les foudres de ses adversaires

Le candidat libéral Michel Matte s’est attiré les foudres de ses adversaires en déclarant dimanche dernier avoir souhaité une commission d’enquête sur la construction alors qu’il s’y est opposé à 11 reprises.

Michel Matte a déclaré qu’il a été du premier noyau de la députation du gouvernement Charest à plaider en faveur d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction. «Vous savez, moi, j’aime ça quand ça avance vite; on m’appelle le chevreuil», a-t-il dit aux journalistes lors de la visite de son chef le 23 mars.

Agnès Maltais, du Parti québécois, prétend le contraire. «Il a été de la gang qui s’est levée contre la commission d’enquête. Je l’ai vue applaudir Tony Tomassi à tout rompre; il suivait Jean Charest», a affirmé la candidate péquiste de Taschereau le jour même.

Michel Matte faisait partie de la députation qui a voté 11 fois contre la mise sur pied d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, rappelle le député sortant de Portneuf et candidat de la Coalition avenir Québec, Jacques Marcotte.

M. Matte avait réaffirmé son opposition à une commission d’enquête à la fin de 2010 alors que tout le monde la demandait. Il avait déclaré qu’il comprenait les gens qui en demandaient une, mais que pour lui ce n’était pas la solution. Il privilégiait alors une action policière.

M. Marcotte a dénoncé le manque de courage de son prédécesseur et croit qu’il aurait dû démissionner. «Michel Matte a prouvé, hors de tout doute, qu’à ce moment-là, ses intérêts partisans et ceux de son parti l’emportaient sur l’intérêt public et absolument rien n’indique qu’il a changé d’attitude», a-t-il commenté. Les libéraux ont un nouveau chef, mais l’équipe derrière est pratiquement la même qu’à l’époque où se sont déroulés les faits mentionnés, a soutenu M. Marcotte. Le député sortant de Chauveau, Gérard Deltell, et M. Marcotte ont exigé, hier, que les députés libéraux de 2008 à 2012 encore candidats dans la région de Québec et de Chaudière-Appalaches, donnent l’heure juste aux électeurs.

Le candidat péquiste Hugues Genois réclame lui aussi des explications sur l’ambivalence du candidat Matte. Si M. Matte était en faveur d’une commission d’enquête, dit-il, pourquoi n’a-t-il pas soutenu la proposition d’un militant lors du conseil général du PLQ en novembre 2010? Il demande aussi au candidat libéral de dire qui étaient ses autres collègues favorables à une enquête publique. Le Parti québécois a réclamé la tenue d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction pendant plus de deux ans. La commission a finalement été lancée en octobre 2011.


Avec la collaboration de Mathieu Hardy

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