Quand le cancer frappe à quinze mois

Quand le cancer frappe à quinze mois

Le cancer n’aura pas réussi à vaincre l’unité et la résilience de la famille Giroux de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Marie-Claude Giroux et Philippe Auger-Giroux, de Saint-Augustin-de-Desmaures, ont vu leur vie chamboulée lorsque leur fille Camille a reçu un diagnostic de leucémie aiguë lymphoblastique alors qu’elle n’avait que 15 mois. L’apparition de ce cancer rare aurait pu emporter la petite. Elle a survécu et est maintenant âgée de cinq ans. Un Noël qui change tout Depuis sa naissance, Camille n’était presque jamais malade. Mais à l’approche des fêtes de 2013, sa mère, Marie-Claude Giroux, a noté un changement dans la santé de sa fille. «Depuis quelque temps, elle avait une grippe qui ne guérissait pas, qui revenait toujours», explique Marie-Claude. L’état de Camille a empiré au tournant de Noël, alors que des douleurs importantes l’ont affligée le 24 décembre et «qu’elle n’est pas sortie du lit le 25 pour déballer ses cadeaux», relate son père Philippe Giroux. C’est à ce moment que les parents se sont rendu compte que quelque chose clochait. Le lendemain, ils ont pris la route vers le CHUL pour obtenir des réponses. «Comme des parents normaux, on se disait que c’était une pneumonie, que ce serait une hospitalisation et des médicaments à donner», explique Philippe. «Mais on a senti que ça a tourné quand ils nous ont rappelé après les premières prises de sang, pour qu’on revienne parce qu’ils pensaient qu’il y avait un faux positif, quelque chose qui ne marchait pas dans la lecture du sang de Camille», se rappelle-t-il. En 48 heures, la situation s’était dramatiquement métamorphosée. Après d’autres prises de sang et une ponction de moelle épinière, le verdict est tombé. «Je me rappellerai toujours l’image de l’hémato oncologue, qui arrive avec son gros cartable, qui n’a pas besoin de nous dire quoi que ce soit. Juste un regard pour nous faire comprendre que c’était le cancer. On le savait», raconte Philippe. 730 jours dans le système de santé [quote font=”arial” font_size=”18″ font_style=”italic” bcolor=”#dd1818″]«On met le travail de côté, tout ce qui compte c’est l’enfant » – Marie-Claude Giroux[/quote] À partir du diagnostic, la vie de toute la famille a basculé. Hospitalisée en isolation, le poupon de 15 mois va aussitôt recevoir des antibiotiques, des transfusions sanguines et de la chimiothérapie pour tenter de vaincre ce cancer agressif. Pendant 40 jours, la petite sera dans sa chambre d’hôpital, sans droit de sortie, afin de recevoir des traitements chaque jour. Pour les parents, c’était trop. Employés de la fonction publique, ils ont tous les deux contacté leur patron pour lui dire qu’ils ne reviendraient pas au travail. Chaque instant, ils allaient le passer avec Camille. «On a mis le travail de côté, rappelle Marie-Claude Giroux. Tout ce qui comptait c’est l’enfant.» Après le traitement, Camille et ses parents ont finalement pu rentrer chez eux. Or, ce n’était qu’une seule étape franchie dans un long processus. «On a ensuite vécu tout le reste des traitements isolés chez nous», explique Marie-Claude. Durant les deux années suivantes, Camille a reçu deux traitements par semaine en clinique externe. «On a dû expliquer plusieurs fois à notre famille que si un rhume c’est banal pour la plupart des gens, pour Camille, ça peut être mortel», explique Philippe. «À ce moment, les gens comprenaient pourquoi ils ne pouvaient pas venir nous voir.» Vivre après avoir tout mis sur pause Aujourd’hui, Camille a cinq ans et elle est en pleine forme. Elle a une vie qui se compare à celle de beaucoup d’enfants de son âge. Mais pour ses parents, le retour à la normale suivant les traitements ne s’est pas fait dans la douceur. «C’est dur de reprendre la vie normale parce qu’on n’a pas vécu pendant deux ans», explique Marie-Claude Giroux. La peur de la maladie est restée dans cette famille plusieurs mois après la fin des traitements, même si Camille était officiellement en rémission de sa leucémie. «On avait une carte V.I.P. de l’hôpital qui nous donnait tout l’encadrement qu’on avait besoin, mais après on devait vivre avec nos doutes et nos stress quand Camille avait un rhume ou faisait de la fièvre», ajoute Philippe. Camille a vécu des épreuves sans aucune commune mesure pour son jeune âge. Ses parents soulignent que cette épreuve a fait ressortir chez elle des traits de caractère positifs. «Elle est une enfant très empathique, explique sa mère, elle prend soin de ses amies quand elles sont malades.» La recherche avant tout Marie-Claude et Philippe soutiennent le Tour CIBC de la Fondation Charles Bruneau, fondation qui aide la recherche sur le cancer. Appuyer financièrement cette fondation est important pour Marie-Claude, car «sans les avancées dans la recherche, on aurait pu perdre notre fille», conclut-elle. [quote font=”arial” font_size=”18″ font_style=”italic” bcolor=”#dd1818″]«Je me rappellerai toujours l’image de l’hémato oncologue qui n’a pas besoin de nous dire quoi que ce soit. Juste un regard pour nous faire comprendre que c’était le cancer. On le savait » – Philippe Auger-Giroux[/quote]