Julie Légaré a trouvé sa passion dans les Forces

Julie Légaré a trouvé sa passion dans les Forces

Julie Légaré

Julie Légaré et sa famille sont installées à Deschambault-Grondines, dans une maison ancienne qu’ils rénovent à temps perdu. Dans ce foyer qui bourdonne au rythme de trois enfants et d’un couple de militaires très occupés, Julie applique les valeurs qui la définissent : la pensée concrète et la volonté de bien faire.

Mme Légaré a joint les Forces armées canadiennes, il y a 18 ans, simplement pour avoir assez d’argent pour faire des études en technique policière. Cependant, elle s’est rapidement rendu compte que le métier qu’elle avait choisi ne concordait pas avec ses valeurs. «Je n’aimais vraiment pas l’aspect criminel de l’humain. À mon premier stage, j’ai vraiment réalisé que ce n’était pas pour moi», relate-t-elle.

Découverte de soi

Investissant beaucoup plus temps dans son emploi dans les Forces que dans ses études au cégep, Julie Légaré les abandonne et entre dans la réserve du 12e Régiment blindé du Canada à Trois-Rivières.

À 40 ans, Julie Croteau est à la fois mère, entrepreneure et réserviste au 12e Régiment blindé du Canada de Trois-Rivières. On la voit devant les nouveaux véhicules blindés tactiques de patrouille des Forces canadiennes. Photo – s.-lieutenant Chantal Crepeau, Affaires publiques, 12e RBC (M)

Cette entrée dans l’armée permettra à la jeune femme fascinée par les Casques bleus de se découvrir des capacités qu’elle ne connaissait pas.

Après quelques années à Trois-Rivières, la native des Bois-Francs se fait ainsi recommander de suivre un cours d’instruction. C’est une surprise, «puisque je me considère comme étant plutôt gênée», se remémore-t-elle.

Les cours qui lui permettent de devenir caporale instructrice sont une révélation. «Finalement, le leader en moi n’était pas si loin», dit-elle en riant. L’enseignement et l’instruction la passionnent au point d’accepter de prendre en charge l’instruction des recrues à la Garnison Saint-Jean à Saint-Jean-sur-le-Richelieu.

Enseigner aux jeunes sera une expérience très importante. «J’ai été fière de pouvoir prendre des candidats à leur arrivée, tous un peu nerveux, et de les amener à terminer avec fierté leur cours de recrue», dit-elle. Chaque année, plus de 5000 personnes commencent leur carrière militaire à cet endroit.

Travailler de ses mains

Julie Légaré aime aussi le travail manuel. Au point de suivre un cours en charpenterie-menuiserie. Sa passion pour les maisons antiques va l’amener, avec son conjoint Pascal Croteau, à rénover quatre maisons anciennes. Celle qu’ils habitent actuellement a 129 ans, c’est la plus jeune qu’ils ont retapée.

La fondation de Matériaux récupérés Portneuf vient comme une suite logique. Ce magasin vend des matériaux de construction usagés à Saint-Casimir. Ce projet a même mené Julie à quitter temporairement les Forces armées pour se concentrer sur son commerce.

Et retour aux Forces

Après quelque temps passé à faire bourgeonner son entreprise, la militaire dans le sang n’a pu dire non à l’appel. Exit les madriers et divisions de maisons, elle retourne à l’unité de réserve où elle agit maintenant comme officier de recrutement. Elle travaille auprès des sergents recruteurs afin de les préparer à intervenir auprès du public.

Bien qu’elle soit beaucoup moins sur le terrain qu’auparavant, Julie apprécie cette nouvelle situation. «J’ai une belle vision d’ensemble de ce que les Forces sont en train de devenir. On voit qu’elles changent en même temps que la société change, je peux donc contribuer à ça», se réjouit-elle.

Pas Casque bleu, mais engagée

Si le rêve de jeune fille de Julie Légaré d’être Casque bleu ne s’est pas réalisé, elle a eu l’occasion de voir du pays à sa propre initiative. Elle a notamment fait du travail humanitaire au Pérou.

Elle croit avoir apporté son aide, mais elle fait le bilan d’une expérience beaucoup plus riche. «Tu penses que t’arrives là pour aider à quelque chose, mais tu réalises qu’ils t’aident autant que tu les aides», réfléchit-elle.

La Grondinoise et son conjoint Pascal ont aussi contribué à amener au Québec 38 enfants abandonnés lors du tremblement de terre en Haïti en 2010. C’est cette catastrophe qui leur a permis de fonder leur famille en adoptant Lisa. Deux autres enfants, Maxime et Éliot, sont nés par la suite.