Environnement: jusqu’où ira la MRC avec la Déclaration d’urgence climatique?

Environnement: jusqu’où ira la MRC avec la Déclaration d’urgence climatique?

Le maire Gaston Arcand a esquissé la recommandation du comité environnement à la séance du 20 février. Photo - CJSR

La MRC de Portneuf votera sur la Déclaration d’urgence climatique (DUC). Est-ce qu’elle s’engagera à faire plus pour l’environnement? C’est ce qu’on verra le 20 mars.

Tout en réitérant sa préoccupation, la MRC pourrait se borner à demander aux instances provinciale et fédérale d’en faire plus, elles. C’est ce que suggèrent les propos tenus par Gaston Arcand, maire de Deschambault-Grondines et porte-parole de la commission de l’environnement, lors de la réunion des maires du 20 février.

«On en est tout à fait conscient et on n’est pas en retard sur personne au Québec dans ce domaine-là. On interpelle les gouvernements provincial et fédéral pour qu’eux aussi puissent démontrer autant de préoccupation par rapport à la situation», a déclaré M. Arcand.

Ce qu’est la DUC

La commission a été chargée d’analyser la DUC et de faire une recommandation au conseil des maires qui prendra position mercredi prochain. La DUC a été déposée à la MRC par une citoyenne de Saint-Raymond, Odile Pelletier, le 12 décembre.

Cette déclaration lancée par des environnementalistes vise à faire reconnaître que la situation a atteint le stade «d’état d’urgence climatique et que seule la mise en place de plans de transition d’urgence peut contrer un effondrement économique, une crise de santé publique, une pénurie alimentaire mondiale, un anéantissement de la biodiversité, et des crises de sécurité nationale et internationale d’une ampleur sans précédent».

Récemment, l’agence spatiale américaine (NASA) et l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) ont annoncé que l’année 2018 a été la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée, derrière 2016, 2017 et 2015.

En date du 29 janvier, 224 municipalités, incluant l’agglomération de Québec, avaient endossé la DUC, soit directement ou par l’entremise de leur MRC. Elles représentent en tout 5,6 millions de Québécois.

Deux municipalités

Le document a aussi été déposé à Saint-Raymond et à Saint-Alban. À Saint-Raymond, le maire Daniel Dion a reconnu que «c’est alarmant ce qu’on vit». Il déplore cependant le discours alarmiste qui peut nourrir la culpabilité des Québécois plutôt que de les encourager. Le Québec est en avance sur plusieurs aspects, notamment sur le plan énergétique et sur la valorisation des déchets, a-t-il avancé. «Nous au Québec on fait notre part», a-t-il dit lors du dépôt du document, ajoutant que sa ville réfléchissait à l’installation de bornes de recharge au centre-ville.

À Saint-Alban, le conseil municipal devait prendre position lors de sa séance du 11 mars (avant-hier). Le directeur général Vincent Lévesque-Dostie a indiqué au Courrier que «le conseil a réfléchi et va peut-être l’adopter».

La réflexion municipale pourrait avoir une première répercussion concrète avec la création d’un comité environnement local. Il aurait le mandat de guider le conseil dans différents dossiers, a précisé le maire Deny Lépine dans le journal municipal de janvier. La forme et le fonctionnement ne sont pas fixés, mais une dizaine de personnes ont donné leur nom pour y participer, a fait savoir M. Lévesque-Dostie.

Urgence d’agir

«Il y a urgence d’agir. Chacun peut faire un geste, et beaucoup de citoyens en font, mais chaque instance peut faire pression», affirme Odile Pelletier qui a l’intention d’aller entendre la position des maires le 20 mars. «On peut être audacieux et aller plus loin», ajoute Mme Pelletier. Elle soutient que les municipalités doivent s’engager davantage, malgré les bonnes notes du Québec et malgré la délinquance des États-Unis.

Elle indique que la MRC a l’occasion d’être proactive en concrétisant son projet de créer un réseau de bornes de recharges pour véhicules électriques dans les municipalités. Elle propose aussi aux municipalités et à la MRC de faire pression sur Québec pour l’ajout d’une voie réservée sur l’autoroute 40. Le transport collectif deviendrait une alternative plus séduisante pour les Portneuvois si l’autobus était plus rapide pour entrer à Québec, estime Mme Pelletier qui est elle-même une usagère.