La qualité de l’eau du lac Sept-Îles encore en danger 

La qualité de l’eau du lac Sept-Îles encore en danger 
À première vue, le lac Sept-Îles paraît en santé, mais ses eaux et ses sédiments racontent autre chose.   (Photo : Yannick Lepage)

Malgré les efforts initiés depuis le début des années 2000 quant à la préservation de la qualité de l’eau, le lac Sept-Îles court encore le risque de se dégrader si la vigilance des résidents diminue. C’est du moins le constat réalisé par l’Association des propriétaires du lac Sept-Îles, l’APLSI, qui a partagé les résultats d’une étude sur la caractérisation de l’eau du lac effectuée en 2021. 

L’étude utilise l’analyse de la sédimentation au fond du lac plutôt qu’une simple analyse d’eau. La sédimentation témoigne de l’activité de digestion du lac par rapport aux intrants organiques qui y sont déversés dans le lac. Plus précisément, l’analyse des sédiments pour la concentration et le type de diatomées, des microalgues vivant dans le lac, permet de découvrir l’histoire du plan d’eau. Par cette méthode, l’extraction des carottes de sédiments a permis de retourner plus de 100 ans en arrière et d’identifier les moments clés dans la vie du lac.   

Constats 

L’analyse des sédiments présentait l’impact de l’exploitation forestière, puis de l’essor immobilier autour du lac. Lorsque les berges et les affluents amènent les eaux de pluie vers le lac, il se produit un lavage de surface qui apporte une grande quantité d’éléments nutritifs au plan d’eau. De 1900 jusqu’à la fin des années 2000, on a remarqué une augmentation de la sédimentation. À partir de 2005, année qui correspond à la conclusion de démarches importantes de végétalisation des berges du lac afin d’augmenter la rétention de l’écoulement des eaux de surface et l’interdiction d’utiliser des fertilisants, on dénote une diminution sensible des sédiments. Ce réaménagement a permis d’améliorer la rétention des nutriments. Cette diminution de la sédimentation est une bonne nouvelle qui démontre que les actions mises en place portent leurs fruits. 

Néanmoins, il n’y a pas que la sédimentation qui peut nuire à la qualité de l’eau du lac. En effet, le rapport rédigé par la firme Cima+ souligne une augmentation du taux de phosphore dans l’eau. On retrouve le phosphore dans les fertilisants, dans la décomposition des matières organiques et dans les déjections humaines. À une certaine concentration, le phosphore entraîne la prolifération des algues comme les algues bleues. En réduisant l’utilisation des fertilisants et en améliorant la qualité filtrante des berges, on limite l’apport de phosphore en surface. Cependant, les fosses septiques avec champ d’épuration, principalement celles qui ne sont pas conformes aux normes environnementales, laissent s’écouler une certaine quantité de phosphore qui passe dans la nappe phréatique. L’augmentation du phosphore dans le lac est directement proportionnelle à l’augmentation du nombre de résidences autour du lac. Aussi, la circulation à grande vitesse des embarcations motorisées dans les zones peu profondes favorise l’augmentation du phosphore issu du brassage des sédiments au fond du lac.  

De nouvelles mesures pour atténuer le vieillissement prématuré du lac 

L’APLSI a identifié des objectifs pour assurer la santé du lac Sept-Îles : documenter les sources des apports de phosphore et les réduire, mobiliser la communauté et les différents partenaires, protéger les milieux humides et aquatiques du lac et de son bassin versant et maintenir les efforts pour minimiser l’érosion sur le bassin versant. Tous les détails se trouvent sur le site aplsi.com 

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