Pierre qui roule….

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Par Geneviève Lapointe
Pierre qui roule….
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Le trouble d’accumulation compulsive est un problème de santé peu connu. Il affecte 4% de la population, soit environ 340 000 personnes au Québec, ce qui représente deux fois plus de gens atteints que le trouble bipolaire. Les gens qui en souffre n’en parlent pas spontanément car, bien souvent, ils ne s’aperçoivent pas que l’accumulation est un problème. C’est leur entourage, constatant ce problème, qui peut amener la prise de conscience. Ce trouble de santé consiste à accumuler et à entreposer chez soi des objets sans valeur et en quantité importante. Des piles d’objets de même nature ou de nature différente sont présentes en désordre, de manière aléatoire dans le logis de celui qui en souffre. Elles ne sont pas rangées à des endroits de classement mais plutôt disposées à la vue de tous. L’accumulation compulsive se différencie du simple désordre temporaire puisqu’elle empêche la jouissance normale du logement en ce sens que l’usage de la cuisine, de la salle de bain ou de la chambre y est compromis. Aussi, il y a l’existence d’une souffrance psychologique associée au problème. Ainsi, ces gens se retiennent d’inviter des amis chez eux et s’isolent souvent car ils sont gênés du chaos qui y règne. 

Ce problème peut apparaitre à partir de l’enfance ou de l’adolescence et tend à s’aggraver avec le temps. Les gens qui en souffre vivent une détresse à se départir des objets accumulés et sont portés à en acquérir de nouveaux. L’encombrement devient, avec le temps, de plus en plus important. L’accumulation compulsive n’a rien à voir avec le collectionneur où les objets sont mis en valeur et où il a l’occasion de socialiser par le biais de ses collections. 

Les objets accumulés peuvent être de nature variée telle que des revues, des journaux, des dépliants, des reçus, des sacs, des meubles, des vêtements, des conserves, etc. On le distingue d’un trouble plus grave, qui consiste à accumuler chez soi ses ordures ménagères. On parle alors du syndrome de Diogène entrainant des conditions de vie carrément insalubres (parasites, vermine, moisissures) et souvent associé à la présence d’une condition psychiatrique comme la schizophénie. 

L’accumulation compulsive touche toutes les classe sociales, tous les niveaux d’éducation, indépendamment de la taille de la résidence. Ces gens pensent à tort que le désordre est temporaire et qu’ils ne doivent que trouver du temps pour trier et ranger. Le traitement psychologique consiste d’abord à fournir de l’information sur l’existence de ce trouble. Il faut ensuite que la personne prenne conscience du caractère chronique du problème et non plus de croire qu’il est passager. Le traitement se fait sur plusieurs années, de manière très progressive et visera à outiller la personne à se départir des choses inutiles et acquérir une capacité non obsessionnelle de vivre avec les objets au quotidien.

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