La responsabilisation des enfants

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Par Geneviève Lapointe
La responsabilisation des enfants
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Tous s’entendent pour dire que le rôle des parents est d’apporter de l’affection, des soins et de la sécurité à ses enfants. Mais cela ne constitue pas une recette complète pour que les enfants grandissent avec confiance. Il est tout aussi important de voir à les responsabiliser.  La famille est un espace privilégié pour acquérir de bonnes habitudes tôt dans la vie de l’enfant. En effet, les enfants ont besoin d’apprendre à développer leurs capacités, mais cela ne se fait pas tout seul. Ils nécessitent l’accompagnement d’un adulte. 

L’un des pièges pour les parents est de s’engager dans leur relation parentale en cherchant à satisfaire tous les désirs de leur enfant afin de lui éviter des frustrations et des déceptions relatives au manque comme par l’achat de vêtements ou de gâteries. Ces parents cherchent souvent à travers ce comportement quotidien à calmer une crainte qu’ils portent personnellement au fond d’eux, sans réel rapport avec leur enfant. Cela peut être en lien avec leurs propres difficultés infantiles. Dans cette même logique d’adopter un rôle de « parent-parfait-pourvoyeur », ils négligent souvent l’implication de leur progéniture aux responsabilités inhérentes à la vie. Ce rôle, en plus d’être épuisant pour le parent, nuit au développement de l’enfant. 

L’enfant (petit, grand ou adolescent) a besoin qu’on lui porte attention d’une manière très personnelle. Il aime que son parent prenne le temps d’observer ses forces pour les mettre à profit dans l’accomplissement de tâches. Du point de vue de l’enfant, il est valorisant qu’on prenne le temps de lui montrer comment exécuter une tâche. Il développe le sentiment d’être un être entier qui est considéré comme valable et compétent. Lorsque la tâche est présentée dans un contexte où le parent y participe lui-même et y encourage son enfant, un climat de plaisir apparaîtra. Cela alimente sa motivation à réussir une tâche pour faire plaisir à son parent et aussi pour se monter à lui-même qu’il en est capable. Il apprend aussi la persévérance qui sera absolument nécessaire à son fonctionnement à l’âge adulte, car il devra faire des tâches et retarder les moments de plaisir. 

Il faut ajuster le degré de difficulté et la quantité de tâches au rythme de l’enfant. Par exemple, à 2-3 ans il est possible d’empiler des livres, de participer à mettre la table, à 4-5 ans, d’essuyer les dégâts, de trier la coutellerie propre, de faire son lit, à 6-7 ans, de désherber, de ramasser les poubelles, à 8-9 ans, de ranger l’épicerie, de cuisiner des biscuits, à 10-11 ans, de coudre des boutons, de nettoyer la salle de bain, de passer l’aspirateur, à 12 ans et plus, de laver les planchers, laver la voiture, de repasser des vêtements. Enfin, participer à la vie de la maison autrement qu’à la manière d’un invité. 

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