Lac-Sergent veut étouffer le myriophylle

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Par Denise Paquin
Lac-Sergent veut étouffer le myriophylle
Héloïse Drouin, biologiste à la CAPSA, montre aux bénévoles comment préparer la toile. Photo - Denise Paquin

Après avoir lancé plusieurs mesures pour améliorer la qualité de l’eau de son lac, Lac-Sergent a lancé la bataille pour étouffer la «plante zombie».

La Ville a terminé sa première opération de pose de toile de jute pour arrêter le développement du myriophylle à épis. La plante envahissante réduit l’oxygène dans l’eau, étouffe la flore indigène et nuit à la vie aquatique.

Le 13 août, une dizaine de bénévoles, guidés par Héloïse Drouin, biologiste à la CAPSA, étaient à pied d’oeuvre pour préparer puis étendre deux toiles de 100 pieds par 30 sur un secteur nord du Club nautique. Le 5 août, ils avaient posé les six premières toiles. Ensemble, elles couvrent une superficie de 12 000 pieds carrés.

Lac-Sergent a obtenu l’autorisation du ministère de l’Environnement de poser 96 000 pieds carrés de jute sur deux secteurs où le myriophylle représente plus de 50% de l’herbier.

Le printemps tardif a retardé l’opération puisqu’il fallait attendre que la plante pousse pour délimiter les secteurs où elle est la plus problématique, comme l’exige le ministère, explique Héloïse Drouin. Comme la plante très haute actuellement, la pose est plus délicate. C’est pourquoi l’opération a été limitée au premier secteur.

L’opération sera reprise plus tôt l’an prochain dans l’autre secteur. À cet endroit, 7 plantes sur 10 sont du myriophylle à épis.

La Ville a priorisé deux secteurs où le club de canoë-kayak s’entraîne, car il y a plus de brassage d’eau et de fractionnement des plantes, a expliqué le Yves Bédard mardi dernier.

C’est la première fois qu’une opération de bâchage est effectuée sur un lac dans la région de Québec. La CAPSA a reçu l’appui technique de la SAMBBA, l’organisme de bassin versant de la rivière Batiscan, qui a effectué une opération au Lac-à-la-Tortue, a indiqué le maire.

Afin de s’assurer que le bâchage fonctionne, les toiles ont été superposées à leur point de rencontre. Un plongeur ira s’assurer que rien ne bouge

Le ministère exige que tout le matériel qui sert à recouvrir la plante zombie doit être décomposable. C’est pourquoi les toiles sont lestées avec des sacs de jute remplis de gravier et non des blocs de béton, explique la biologiste Héloïse Drouin. Elle estime qu’il faudra de trois à quatre ans pour que la toile se décompose et que des espèces indigènes reprennent leur place.

Seul bémol, Lac-Sergent n’a obtenu aucune subvention financer cette opération qui coûte 30 000$, ce que le maire Yves Bédard déplore. La Ville a mis en place dans son budget 2019 une réserve financière pour financer ses projets de lutte au myriophylle. C’est avec cette réserve qu’elle a payé les 25 000$ pour l’aménagement d’une station de lavage de bateaux et posé de la clôture pour limiter l’accès au lac.

 

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