Une actrice de l’excellence en santé mentale à Donnacona

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Par Francis Beaudry
Une actrice de l’excellence en santé mentale à Donnacona

Avec un programme de santé mentale jeunesse de première ligne qui se distingue à travers le Québec, les usagers du CLSC de Donnacona peuvent se compter chanceux de pouvoir bénéficier du travail d’Andrée Leboeuf depuis maintenant près de 20 ans. Diplômée en soins infirmiers de l’Université de Montréal en 1980, Andrée Leboeuf a eu l’occasion de tester ses habiletés d’infirmière un peu partout au Québec. En suivant son conjoint, elle a notamment eu l’occasion de travailler dans les CLSC du nord du Québec, à Chibougamau et à Chisasibi. Avant ce passage en santé communautaire, André Leboeuf a dû faire ce que plusieurs jeunes infirmières doivent faire en début de carrière : travailler dans les hôpitaux. Mais les soins de première ligne étaient déjà dans sa mire. « La santé communautaire concordait beaucoup plus avec ce que j’ai vu à l’université, de soigner en première ligne », explique-t-elle. Innover en santé mentale Engagée en 1999 par le CLSC de Donnacona, Andrée Leboeuf fera partie d’un projet qui va marquer sa carrière. Elle devra monter, avec une équipe de cinq autres professionnels, un projet pilote de soins de première ligne en santé mentale jeunesse. Ce projet devait être mis en place sans autre programme du genre dans la province. Le projet pilote a duré deux ans passés à rassembler les acteurs des écoles et des organismes communautaires autour d’un système qui a pour objectif d’améliorer l’accès des jeunes aux ressources de santé mentale. « Avant, les jeunes avec des troubles en santé mentale étaient envoyés à l’Hôtel Dieu du Sacré-Cœur à Québec » explique Andrée Leboeuf. «On a dû les [les parents] convaincre de nous les référer. On a dû bâtir notre crédibilité», ajoute-t-elle. [quote font= »arial » font_size= »18″ font_style= »italic » color= »#000000″ bgcolor= »#a6b3bf » bcolor= »#1e73be »]« Mon objectif, c’est qu’il n’y ait jamais un enfant sur une liste d’attente inutile » – Andrée Leboeuf[/quote] Andrée Leboeuf se souvient bien des difficultés du début de la création du projet : « Tout ce qu’on avait, c’était les attentes du ministère et j’étais épaulée par une gestionnaire qui avait une idée de comment démarrer ça », se remémore-t-elle. Le travail d’Andrée Leboeuf et de son équipe a rapidement porté ses fruits. Elle se souvient avoir vu « couper de plus de moitié les référencements en pédopsychiatrie à Québec dans les débuts de l’équipe ici ». Le travail d’équipe avant tout En décembre 2017, Andrée Leboeuf a reçu le prix profession santé pour son travail dans l’équipe au CLSC de Donnacona, mais au départ, elle voulait entrer toute son équipe dans le concours pour recevoir le titre en groupe. «Le prix était pour toute l’équipe, mais les organisateurs du concours m’ont mentionné qu’ils allaient me donner le prix pour infirmière dans cette catégorie», explique-t-elle. La collaboration interprofessionnelle, selon Andrée Leboeuf, «c’est l’avenir des soins de santé, on ne peut plus travailler en vase clos». Elle cite « la hausse de la complexité des cas, les nouvelles technologies et les maladies chroniques » comme des facteurs qui nécessitent une plus grande collaboration entre les professionnels de la santé. [quote font= »arial » font_size= »18″ font_style= »italic » color= »#000000″ bgcolor= »#a6b3bf » bcolor= »#1e73be »]« Je veux donner le goût à la relève de s’impliquer comme infirmière » – Andrée Leboeuf[/quote]   Préparer la suite Après près de 40 ans de carrière, Andrée Leboeuf doit commencer à préparer l’équipe à son départ à la retraite. « Je veux terminer en beauté après plus de 20 années ici. J’ai été heureuse de les passer ici », souligne-t-elle. Pour bien préparer son départ dans environ deux ans, l’infirmière devra trouver quelqu’un pour la remplacer. Elle pense déjà à la transition avec son remplacement. «Mais je ne pourrai pas tout lui transmettre, cette personne-là va arriver avec son bagage et va l’adapter à son rôle ici», ajoute-t-elle. Avec les conditions de travail des infirmières qui ont été décriées sur la place publique au courant de l’hiver, Andrée Leboeuf espère qu’elle pourra faire une différence en étant un modèle positif pour les jeunes qui pensent joindre son corps de métier. «Je comprends tellement les infirmières qui sont sorties pour parler de leurs conditions de travail», dit-elle, mais elle espère pouvoir «montrer un modèle positif de la profession d’infirmière qui montre qu’il y a beaucoup à faire, que c’est inspirant».  

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