Deux oeuvres exceptionnelles du patrimoine religieux de la paroisse de Sainte-Anne-de-la-Pérade peuvent être admirées dans toute leur splendeur retrouvée au nouveau Centre de conservation Lise G. Vallée. Le maître-autel et le chandelier pascal, datant tous deux du 18e siècle, sont revenus à Sainte-Anne-de-la-Pérade après leur restauration au Centre de conservation du Québec. Les spécialistes de la restauration ont mis 5600 heures sur cinq ans pour retrouver les couleurs originales du maître-autel qui avaient été camouflées sous une peinture blanche. Pour le restaurateur Claude Payer, qui a participé à ce travail avec quatre collègues, la paroisse a récupéré des oeuvres exceptionnelles qui «doivent être vues par le public». «Le chandelier, il n'y a pas un musée en Amérique du Nord qui ne serait pas fier de l'avoir», a-t-il souligné lors de l'inauguration du centre d'exposition le 6 juillet. Le chandelier a été sculpté en 1743 par Pierre-Noël Levasseur, «le plus grand ornemaniste et statuaire de son temps en Nouvelle-France», d'après M. Payer. Il a été commandé pour orner la première église de Sainte-Anne-de-la-Pérade. Trois ans après sa livraison, la paroisse commandait à Levasseur le tabernacle du maître-autel pour la même église. L'oeuvre a été dorée à la feuille d'or par les Ursulines de Québec. En 1784, Jean Baillairgé mène les grands travaux de décoration de la deuxième église construite en 1772. Il entreprend de sculpter un nouvel autel pour supporter le tabernacle. Cet autel galbé en forme de tombeau qu'il terminera en 1786 est d'un nouveau style pour l'époque. Son fils François réalisera la finition de marbrures rouges et gris-vert qui donnent l'illusion du marbre. «Il est le plus ancien du genre connu au Québec», a souligné Claude Payer. La restauration du maître-autel et du chandelier a coûté environ 350 000$, dont 85% a été payé par la Fondation du patrimoine religieux du Québec, entre 2003 et 2008. La Fabrique a financé sa part de 52 000$ en organisant des collectes de fonds. La Caisse populaire a fourni à elle seule 10 000$. Le coût de l'aménagement du Centre de conservation Lise G. Vallée est de près de 48 000$. La Fabrique a obtenu une subvention de 35 000$ de la Fondation du patrimoine religieux ainsi que 6000$ du Pacte rural, 5000$ de l'Adic et 1000$ de la Municipalité. «C'est un autre attrait pour Sainte-Anne. Ça va piquer la curiosité», a commenté le maire Yvon Lafond lors de l'inauguration. Cela ajoutera à la viste de l'église néo-gothique qui attire déjà plus de 6000 visiteurs chaque été. Le Centre de conservation Lise G. Vallée expose également des vêtements sacerdotaux et des objets liturgiques. Le nom de Lise G. Vallée est celui de la marguillère qui a inspiré le projet du centre de conservation, mais elle est décédée avant que le projet ait été réalisé.
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